Test Eureka FloorShine 880 : Notre avis sur cet aspirateur laveur

Le marché des aspirateurs laveurs est très concurrentiel. Des marques comme Tineco, Dreame ou Roborock proposent chaque année de nouveaux modèles toujours plus perfectionnés. Eureka, une marque connue depuis longtemps mais encore peu présente sur ce segment, tente sa chance avec le FloorShine 880. Son argument principal : un nettoyage à l’eau très chaude et une utilisation simple, pensée pour ceux qui n’aiment pas passer la serpillière.

 

Notre avis

L’Eureka FloorShine 880 est un appareil puissant et sans complexes. Il ne cherche pas à briller par des fonctions connectées ou une application sophistiquée, mais plutôt par une efficacité de nettoyage brute. Sa capacité à se coucher totalement à plat et son autonettoyage à l’eau bouillante sont deux vrais atouts qui simplifient le quotidien.

C’est un appareil qui convient parfaitement à ceux qui veulent un sol désinfecté et séché rapidement, sans effort physique. Mais, il vaut mieux passer son tour si l’absence de version française vous dérange, ou si l’idée de trier des débris à la main dans le réservoir d’eau sale vous rebute.

Points positifs :

  • Autonettoyage à l’eau bouillante (100°C) très efficace
  • Peut se coucher complètement à plat (180°) pour passer sous les meubles
  • Séchage du rouleau très rapide (5 minutes)
  • Excellente maniabilité grâce aux roues motorisées

Points négatifs :

  • Pas de séparation entre déchets solides et liquides dans le réservoir sale
  • Messages vocaux uniquement en anglais
  • Quelques projections d’eau sale vers l’avant
  • Peu d’accessoires fournis (pas de rouleau de rechange)

 

Caractéristiques techniques

Caractéristique Eureka FloorShine 880
Puissance d’aspiration 24 000 Pa / 300 W
Batterie 6 × 4000 mAh
Autonomie annoncée Jusqu’à 60 minutes
Réservoir d’eau propre 750 ml
Réservoir d’eau sale 700 ml
Poids 5,2 kg
Autonettoyage Lavage à l’eau chaude 100°C + séchage à air chaud
Fonctions principales Mise à plat à 180°, dosage automatique du détergent

 

Design, accessoires et prise en main

À l’ouverture de la boîte, la déception arrive vite côté accessoires. Pas de rouleau de rechange, pas de filtre supplémentaire : seulement l’appareil, sa base, une petite brosse de nettoyage et un flacon de détergent. Pour le prix demandé, c’est plutôt léger.

Niveau esthétique, l’appareil est réussi. Il évite le plastique blanc classique de nombreux concurrents et mise sur un mélange de noir, de gris et de violet, avec une finition qui imite la fibre de carbone à l’avant. La fabrication semble solide, sans bruit de plastique qui craque.

Le poids annoncé (5,2 kg) fait craindre le pire, mais la sensation change une fois l’appareil allumé. Les roues sont motorisées et assistent le mouvement : une simple pression suffit pour avancer, et l’appareil recule presque sans effort. Les virages se font sans forcer. C’est un vrai confort, surtout sur une session de nettoyage de 30 minutes.

Autre bon point : la flexibilité du manche. L’appareil peut se coucher complètement à l’horizontale (180°), ce qui permet d’atteindre facilement sous les canapés ou les lits. Beaucoup de concurrents s’arrêtent à 45° et demandent de forcer le poignet, ce qui n’est pas le cas ici.

Pour protéger le parquet quand l’appareil est couché à plat, deux petites roulettes en caoutchouc ont été ajoutées à l’arrière du manche et du corps. Un détail simple mais utile, qui évite les frottements de plastique dur sur le sol.

Côté réservoirs, celui d’eau propre est placé en bas, sur la tête de l’appareil. Ce choix a deux avantages : il abaisse le centre de gravité (donc moins de poids ressenti dans le bras) et il augmente la pression exercée sur le sol. Le remplissage se fait facilement sous un robinet classique.

À l’arrière se trouve le réservoir d’eau sale, équipé d’un petit compartiment avec des billes parfumées. L’idée est bonne : limiter les mauvaises odeurs si l’eau sale reste dans l’appareil quelques heures. Cela ne dispense pas de vider le réservoir rapidement, mais cela atténue le problème.

Une fonction particulièrement pratique : le réservoir de détergent intégré. On verse le produit dans un compartiment prévu à cet effet, et la machine ajuste automatiquement la quantité utilisée selon le niveau de saleté détecté. Fini le dosage approximatif au bouchon. Eureka annonce environ 45 jours d’utilisation avant de devoir recharger le détergent.

La brosse nettoie bien le long des murs sur les côtés. À l’avant, une lumière LED aide à repérer la poussière dans les zones sombres, même si elle est moins puissante que les systèmes laser de certaines marques haut de gamme.

Enfin, la station de charge est assez volumineuse et intègre le système de chauffage de l’eau. Mais un point négatif à signaler : il n’existe aucun système pour ranger le câble électrique, qui finit donc souvent à traîner derrière le meuble.

 

Performances de nettoyage

Sur le terrain du nettoyage, le FloorShine 880 est très efficace. Grâce à ses 24 000 Pa, il absorbe facilement les salissures, qu’elles soient sèches ou humides. Deux passages suffisent généralement pour un résultat propre.

Le mode automatique ajuste bien la puissance selon la saleté détectée. Un anneau lumineux autour de l’écran change de couleur pour indiquer l’état : violet quand le sol est propre, orange quand il est sale, et rouge clignotant en cas de salissure importante (par exemple une coquille d’œuf écrasée). La réaction du moteur est rapide dès qu’une zone sale est repérée.

Le nettoyage le long des murs latéraux est très bon, sans zone oubliée. En revanche, à l’avant de la brosse, il existe une zone morte d’environ 5 mm : mieux vaut donc longer les murs plutôt que d’attaquer une plinthe de face, sous peine de laisser une petite bande sale.

Un défaut a été observé : quelques projections de gouttelettes sales vers l’avant, notamment lorsque le rouleau est très imbibé et que les mouvements sont brusques, ou sur un sol déjà très humide. Ce phénomène serait lié à la force centrifuge du rouleau et à une raclette d’essorage pas totalement optimale. L’effet reste léger, mais visible sur du carrelage.

Le séchage du sol est en revanche impressionnant : une fine pellicule d’eau reste après le passage, et elle sèche en moins de trois minutes. Un mode « Quick », qui coupe l’arrivée d’eau pour ne garder que l’aspiration, se révèle très pratique en cas de liquide renversé.

Sur sol mouillé et très lisse (comme du carrelage), les roues motorisées peuvent légèrement glisser. Ce n’est pas gênant, mais cela surprend la première fois.

Concernant le bruit, l’appareil se situe entre 70 et 78 dB, ce qui reste dans la moyenne. Le son est grave plutôt qu’aigu, donc moins désagréable à l’oreille.

L’autonomie annoncée est de 60 minutes, mais dans les faits, en mode automatique avec des variations de puissance, environ 45 minutes ont été obtenues. C’est largement suffisant pour un appartement de 100 m². La recharge complète prend en revanche 4 à 5 heures.

L’autonettoyage mérite une mention particulière : une fois posé sur sa base, l’appareil chauffe l’eau jusqu’à 100°C, ce qui permet de décoller les graisses accumulées sur le rouleau et d’éliminer les bactéries, bien plus efficacement qu’avec de l’eau froide ou tiède. Deux modes de séchage du rouleau sont proposés : rapide (5 minutes, plus bruyant) ou doux (20 minutes, plus silencieux). Le mode rapide donne un rouleau chaud et parfaitement sec après seulement 5 minutes.

 

Application mobile

Il n’y a pas d’application mobile associée à cet appareil, et ce n’est pas forcément un problème : tout se pilote directement via l’écran et les boutons, sans passer par une connexion Wi-Fi ni par des mises à jour parfois capricieuses.

Un point négatif toutefois pour les utilisateurs francophones : les messages vocaux de l’appareil (par exemple pour signaler un réservoir vide ou le début de l’autonettoyage) sont uniquement en anglais, sans possibilité de changer la langue. Un bouton physique à l’arrière permet heureusement de couper complètement le son.

 

Entretien

C’est le point le plus discutable de cet appareil. Le réservoir d’eau sale mélange tout : il n’existe pas de séparation entre les déchets solides (cheveux, poils, miettes) et l’eau, contrairement à certains modèles concurrents équipés d’un panier de tri.

Résultat : au moment de vider le réservoir, il n’est pas possible de tout jeter directement dans l’évier sans risquer de le boucher. Il faut soit vider aux toilettes (avec le risque de bouchon si les débris sont trop gros), soit retirer les amas de cheveux à la main avant de vider le reste. Cette étape n’est pas agréable.

Le filtre, situé en haut du réservoir, reste généralement sec, mais il faut prendre l’habitude de le vérifier régulièrement. La base de charge peut également s’encrasser avec le temps, à cause des résidus laissés sous le rouleau après l’autonettoyage. Un nettoyage hebdomadaire à l’éponge est recommandé.

 

Prix

Le FloorShine 880 est lancé au prix officiel de 579 euros, ce qui le place au niveau des modèles haut de gamme de la concurrence, malgré l’absence d’accessoires fournis.

Dans la pratique, on le trouve régulièrement, dès son lancement, autour de 450 à 480 euros, ce qui le rend plus intéressant.

## Alternatives à considérer

Pour ceux qui ont un budget plus large et souhaitent viser le meilleur de la catégorie, le **Tineco Floor One S9 Artist** reste une référence : roues motorisées encore plus fluides, écran très complet et système de séparation des déchets solides et liquides.

Pour un budget plus serré, le **Dreame H15 Pro** est aussi une bonne option : efficace, et disponible en français contrairement au FloorShine 880.